Soutien

Un peu partout en France, des infirmiers/ères en psychiatrie se sont mis-es en grève, parfois même en grève de la faim. Parce qu’ils et elles veulent qu’on leur donne les moyens de travailler correctement et de ne plus maltraiter les patient-e-s.
Oui, je râle contre les soignant-e-s qui confondent soin et punition, soin et répression, soin et sécurité intérieure. Mais quand des soignant-e-s se mettent en grève, manifestent et mettent même pour certain-e-s leur santé en danger, pour pouvoir soigner de façon bienveillante, consciencieuse et apaisée les personnes en souffrance, je ne peux que leur témoigner mon soutien absolu.

Au CHU Saint-Étienne, où la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté a alerté en début d’année sur les conditions inhumaines et dégradantes d’accueil et de prise en charge des personnes malades psy, là aussi des soignant-e-s se sont mis-es en grève (après que le directeur d’établissement et les soignant-e-s ont reconnu qu’il y avait un problème et qu’il fallait le résoudre*).
Cela tranche avec un autre épisode d’alerte pour traitements inhumains et dégradants, il y a deux ans, à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, où les soignant-e-s avaient réagi en se plaignant du rapport fait, en prétextant qu’il ne s’agissait pas de maltraitance mais seulement de « dysfonctionnements », et que le rapport était « outrancier ». Et plus tard, certain-e-s se sont aussi plaint-e-s d’avoir été vu-e-s comme des tortionnaires (sans se rendre compte de l’immense privilège qu’ils et elles ont de pouvoir torturer des gens – oui, attacher quelqu’un à un lit pendant des mois voire des années, c’est de la torture, quelque soit la pathologie de la personne qui subit ça** – et n’écoper ni de condamnation pénale, ni d’interdiction d’exercer leur métier).

Ça fait plaisir de voir que les soignant-e-s, en nombre, se dressent enfin contre ce qu’une politique basée sur le démantèlement des services publics, sur une vision sécuritaire de la psychiatrie, sur un nombre sans cesse retreint de soignant-e-s, d’heures de formation, de lieux de soins, induit forcément comme maltraitances des patient-e-s, et à fortiori des patient-e-s les plus fragiles.

Soutien, et merci. Du fond du cœur.

 

*Néanmoins, force est de constater que dans les faits, rien n’a changé

**Faire subir ça à une personne que la maladie mentale fragilise, c’est même une circonstance aggravante, en fait.

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