Non, non et non, l’insémination des vaches n’est pas un viol !

C’est un argument qui revient souvent chez certain-e-s véganes, antispécistes et animalistes : dans l’industrie laitière, les vaches inséminées artificiellement subiraient des viols. Et c’est un argument qui m’a toujours posé problème, et pas qu’un peu. Non pas parce que je considère que les vaches auraient moins de valeur que les humain-e-s, ou que leur souffrance serait moins importante. Mais parce que c’est un argument qui se base, soit sur une vision déformée du ressenti des vaches, soit (beaucoup plus grave) sur une vision déformée du viol et de ses conséquences.

Le viol est, avec la torture, l’un des deux événements les plus traumatogènes : 80% des personnes violées souffrent de psychotraumatisme, et la plupart des psychotraumatismes les plus graves sont causés par le viol ou la torture. Il s’agit d’une violence causée par autrui, souvent dans le but délibéré de nuire, et qui cause une effraction à la fois physique et psychique. C’est du sérieux quoi.

Toute mon enfance et mon adolescence, j’ai grandi avec des fermes laitières dans le voisinage. Autant dire que des vaches laitières, j’en ai côtoyées un grand nombre, dont beaucoup ont été, d’ailleurs, des amies proches.
Lorsqu’on arrache un veau nouveau-né à sa mère à la naissance, et encore pire, lorsqu’on l’arrache à sa mère non pas à sa naissance mais quelques minutes ou heures plus tard (par exemple si le veau naît au pré, ou s’il naît à l’étable mais que l’éleveur/se est abstent-e), la souffrance de la vache est évidente. Elle crie, elle pleure, elle appelle son enfant avec des hurlements désespérés qui transpercent la nuit jusqu’à venir se figer dans le cœur et l’âme de toute personne dotée d’un minimum d’empathie. Oui, là, on peut parler de traumatisme.

À contrario, lors d’une insémination artificielle, la vache inséminée s’en contre-fout royalement. Les années passant, elles connaissent l’inséminateur/trice, et elles n’ont aucun mouvement de recul, de peur ou de colère lorsqu’elles le/la voient. Il arrive même que l’insémination se fasse au pré, sans usage d’entrave, et sans que la vache ne tente pour autant de fuir.
Il est vrai que certaines victimes de viol ne tentent pas non plus de fuir : la sidération fait sa sale besogne et rend la victime incapable de bouger. Mais pour un-e observateur/trice extérieur-e, la sidération se repère aisément. Un animal (humain-e ou non) figé de peur n’a pas la même expression qu’un animal apaisé. Et clairement, la vache qui subit l’insémination n’est pas non plus en état de sidération.

Il est évident que les vaches et les humain-e-s n’ont pas le même rapport au corps, à la nudité, à la pudeur et à l’intimité. Les humain-e-s couvrent leur corps, et surtout leurs parties génitales, alors que les vaches se promènent la vulve à l’air sans rougir le moins du monde. Les vaches et les taureaux s’accouplent devant tout le monde sans aucune gêne. Mais, et c’est là que je ne suis pas totalement d’accord avec l’article de l’Elfe, les vaches ont, comme beaucoup d’autres animaux, une notion de l’intime (ainsi qu’une conscience de soi d’ailleurs). Sauf que l’intime, chez la plupart des animaux, n’est pas du tout lié à la sexualité, mais à la mort. Ben oui. Mourir se fait discrètement, souvent seul-e, et ne sont accepté-e-s si possible comme témoins de la mort, que les personnes proches, les intimes justement. Ce qui au passage rend les abattoirs encore plus abjects, immondes et traumatisants.

Alors que dans l’insémination, le traumatisme et l’abus ne sont pas liés à l’acte lui-même, mais à ce qui vient neuf mois plus tard (neuf mois et dix jours exactement) : la naissance du veau qu’on arrache de force à sa mère. On peut donc critiquer l’insémination pour sa conséquence : la naissance d’un bébé qu’on arrachera à sa mère pour l’enfermer seul dans une niche à veau minuscule (ou l’attacher par le cou à une corde très courte), où il ne pourra ni courir, ni marcher (hormis un pas en avant et un pas en arrière), ni jouer, ni profiter de la tendresse dont il a besoin pour se construire sereinement, et qui sera mis à mort avant d’atteindre l’âge adulte, à moins qu’il s’agisse d’une des rares femelles gardées pour être exploitées comme l’ont été leurs mère, grand-mère, arrière grand-mère… Tout cela est suffisamment horrible en soi, sans  qu’il y ait besoin de rajouter la notion de viol par-dessus.

Or comparer l’insémination à un viol est non seulement contre-productif, étant donné que n’importe quel-le éleveur/se peut aisément souligner l’absurdité d’une telle comparaison, et alimenter ainsi le moulin du « ces antispécistes sont vraiment une bande de citadin-e-s qui prétendent défendre des animaux qu’ils et elles ne connaissent pas ». Ils et elles ne se privent pas d’ailleurs de tels arguments lorsque ceux-ci sont infondés, niant l’attachement affectif qui lie la vache à son veau (des mammifères comme vous et moi, avec un attachement hormonal et psychique fort qui se crée dès la naissance, voire même avant), prétendant que les vaches aiment aller à la traite et en ont besoin (le lait qui s’accumule dans les pis cause des douleurs, mais elles préféreraient de loin être tétées par leur veau plutôt qu’être traites par une machine), que c’est le stress et non la douleur qui fait hurler les velles qu’on écorne (pour avoir vu faire, je ne comprends pas comment on peut sérieusement croire à une biterie pareille. Lorsque c’est fait tôt – avant l’âge de deux mois – la corne n’est pas encore reliée au crâne et est moins irriguée et innervée, donc la douleur est moins prononcée, mais de là à prétendre qu’elle n’existe pas… faut oser).
Ne leur donnons pas, en plus, le bâton pour nous faire battre avec l’insémination qui serait un viol, et en plus un truc dégueulasse où l’inséminateur enfonce son bras (protégé par une sorte de sac plastique) dans l’anus de la vache, bras (enfin, plastique) qui ressort plein de bouse. Les vaches ne sont pas dégoûtées comme nous le sommes par leurs excréments. Elles se couchent même régulièrement dedans. Et d’ailleurs, il y a des humain-e-s qui utilisent leurs bouses pour faire du feu afin de cuire leurs aliments, ou pour bâtir leur habitation… Ce sont des excréments d’herbivores, bien moins sales et malodorants que les excréments des omnivores (fussent-ils/elles véganes) et des carnivores.

Mais surtout, cette comparaison est fortement problématique et irrespectueuse vis à vis des victimes de viol(s). Pas parce qu’on les compare à des vaches (ce qui n’a rien d’insultant ou de dégradant), mais parce qu’on met sur un pied d’égalité quelque chose qui est vécu comme anodin et quelque chose qui est très souvent gravement traumatique. Comparer le ressenti d’une vache à qui on arrache son veau et le ressenti d’une humaine à qui on arrache son enfant (ce qui n’est d’ailleurs pas de l’ordre de l’hypothèse, puisque des milliers de femmes l’ont vécu et le vivent encore) a sans doute du sens. Comparer le ressenti de ces mères humaines séparées de force de leur nourrisson avec le ressenti d’une mère grenouille privée de ses têtards serait absurde et violent vis à vis de ces femmes.
Le risque est d’éloigner les personnes victimes de viol(s), et à fortiori celles qui en sont traumatisées, des milieux véganes, antispécistes et animalistes, à cause de la violence de cette comparaison, qui nie la gravité traumatique du viol. Alors qu’avoir été réifié-e, traité-e en objet, amène nombre de personnes, par empathie, à s’interroger sur la réification subie par les animaux non-humain-e-s et à s’engager dans l’antispécisme, se trouver face à des militant-e-s qui mettent insémination artificielle et viol sur un pied d’égalité, ça refroidit.
Un autre risque est de minimiser et banaliser le viol, qui l’est déjà bien assez comme ça, et de renforcer la culture du viol, qui se porte déjà très bien et fait déjà suffisamment violence aux victimes, donc pourquoi en rajouter ?

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9 Comments

  1. Cool ton blog Suze ! enfin un point de vue vegan nuancé et réfléchi, c’est pas ce qui est le plus mis en avant sur le net grand public en ce moment, ça fait plaisir de te voir te saisir du problème à bras-le-corps. Bravo ma Suze !

    Babe

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  2. Des points de vue végans nuancés et réfléchis, ce n’est pas ce qui manque, tu sais. Et je ne suis pas contre la radicalité (aller à la racine des choses) de certains mouvements antispécistes, bien au contraire !
    Merci pour les félicitations.

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  3. Je veux juste dire que les moins nuancés, les plus « extrémistes », ont la meilleure visibilité médiatique, système de buzz et de course aux clics oblige… Bien sûr que d’autres points de vue existent, mais il faut un peu plus les chercher. Et je pense que c’est hyper important pour le mouvement Vegan de ne pas s’enfermer dans une image d’extrémistes bornés (anne sofruits (YT), par exemple, dessert sa cause de la pire manière…). Un truc par exemple, par rapport aux œufs : on dirait si on va voir sur le site de L214, qu’un seul modèle existe : celui d’acheter ses œufs dans le commerce, si c’est pas dans la grande distribution uniquement. Alors là évidemment que les pauvres poules sont exploitées. Mais quand ma mère allait récupérer tous les matins le/les œufs des ses 3 poules de compagnie, qu’elle adorait et chérissait, au point de comprendre certains éléments de leur langage, je ne trouve pas qu’elle les exploitait ou leur faisait du mal. Je trouve dommage de ne pas mettre ce genre de pratiques en avant. Et puis j’ai souvent l’impression que beaucoup de Vegans ne peuvent pas se passer de la grande distribution ou des produits fabriqué industriellement, même si ils sont Vegan. C’est dommage d’opposer un système d’exploitation horrible à un modèle Vegan un peu « hardcore » (et donc difficile à accepter par beaucoup de gens) sans voir les modèles alternatifs qui selon moi peuvent respecter tout autant les valeurs du Veganisme.

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  4. Mouais… De la même manière qu’il est fortement problématique que des hommes peu informés sur les questions féministes viennent donner aux féministes des sortes de « leçons » sur comment elles devraient ou ne devraient pas militer, comment elles devraient mener leur mouvement, bref, faire ce qu’on appelle du mansplaining, il est tout aussi problématique à mon sens qu’une personne carniste et spéciste vienne faire ce genre de critiques finalement peu informées.

    Le mouvement végane et antispéciste, comme les autres luttes sociales, est porté par des gens qui réfléchissent, souvent depuis des années, sur ces questions, qui lisent, s’interrogent, débattent en interne…

    Ton exemple des œufs est très symptomatique de ce que je dénonce là. Les défenseurs/euses du spécisme et du welfarisme nous opposent souvent ce genre d’arguments, du genre « ce n’est pas l’exploitation des animaux le problème, c’est l’élevage industriel ». D’ailleurs les carnistes, et les simples végétarien-ne-s, soulignent fréquemment l’existence de ces poules qui ne sont pas exploitées ni tuées, du coup quel serait le problème à manger leurs œufs ?
    Sauf que si L214 parle des poules en batterie et pas des poules choyées de ta mère, c’est parce que le pourcentage de poules choyées parmi les poules dont on mange les œufs est infime. On nous oppose aussi très souvent l’argument des animaux qui sont élevé-e-s pour la viande mais de façon « respectueuse » (je vois difficilement comment on peut prétendre respecter quelqu’un qu’on tue, au passage). Mais ces arguments et leur récurrence ont surtout pour but de cacher la forêt de l’exploitation animale avec une jolie petite fleur : jolie mais minuscule. Et c’est finalement assez indécent. Va-t-on reprocher par exemple à une association qui lutte contre la faim dans le monde de ne pas parler sur leur site internet des enfants de leur voisin-e qui mangent bien, de façon saine et équilibrée, et en quantités suffisantes ?
    Les carnistes, lorsqu’on leur demande, déclarent en grand nombre qu’ils et elles achètent et consomment toujours, ou majoritairement, des produits animaux issus d’exploitations « respectueuses » (tout le monde ne plaçant pas les mêmes limites éthiques derrière ce terme) ; et pourtant, l’élevage intensif constitue l’écrasante majorité des fournisseurs de produits animaux. La réalité de la consommation entre donc en contradiction totale avec les discours des gens qui consomment. Du coup, c’est assez osé de venir reprocher aux véganes de ne pas tou-te-s pouvoir se passer des industries et des grandes distributions, d’ailleurs. Est-ce bien le véganisme qui soumet les gens au capitalisme et aux industries ?
    Néanmoins, les gens qui militent pour une cause ont souvent tendance à militer parallèlement pour d’autres causes. Les véganes et les antispécistes sont nombreux/ses à s’intéresser aussi au féminisme, à l’anticapitalisme, à l’écologie non spéciste… Donc il y en a une part non négligeable qui tente de réduire voire de supprimer leurs achats auprès des industries et de la grande distribution. Et quand bien même certain-e-s ne le font pas, cela n’invalide pas pour autant leur démarche éthique en faveur des droits des animaux non-humain-e-s.

    De plus, il y a d’autres points à prendre en compte. D’une part, étant donné la population d’humain-e-s, et le nombre élevé de ces humain-e-s qui n’ont pas de jardin, défendre le modèle « manger les œufs de ses poules de compagnie » comme alternative au véganisme n’est pas tenable. Parce que ça ne peut être réservé qu’à des privilégié-e-s. Et parce que la consommation de produits animaux, dans les quantités telles qu’elle se fait actuellement, et avec le nombre d’humain-e-s qu’il y a sur Terre, ne peut pas se passer de l’élevage hors-sol, ne serait-ce que pour une question de place disponible.
    D’autre part, dans un système profondément spéciste, il n’est pas inutile de s’interroger sur la question de l’exploitation elle-même. Considérer que les œufs que pondent les poules appartiennent aux humain-e-s, risque de renforcer l’idéologie selon laquelle les animaux sont là pour nous servir. Un exemple : une amie de ma mère a des poules, qui ne pondent pas. Il n’est pas question pour elle de tuer ses poules, qu’elles pondent ou non. Mais ma mère, me parlant de ces poules, ne m’a pas dit « elles ne pondent pas » mais « ce sont des poules qui ne servent à rien, elles ne pondent pas ». On renforce et maintient donc l’idée que les animaux seraient là pour servir aux humain-e-s, comme des outils, des objets, des ressources.
    Beaucoup de poules, lorsqu’on leur laisse leurs œufs, les mangent, afin de retrouver les nutriments qu’elles y ont mis. Et leur cycle de ponte s’arrête à un moment, lorsqu’un certain nombre d’œufs est amassé, moment où certaines couvent, et où en tout cas, toutes cessent de perdre quantité de nutriments par une ponte journalière.

    Les deux ou trois poules dans le jardin, qui ne sont pas considérées comme des machines à faire des œufs, mais des individus à part entière, si on prend soin d’elles, si on fait attention à leur santé et aux risques de carences, si on les soigne lorsqu’elles sont malades, si on ne prévoit évidemment pas de les tuer, alors oui, pourquoi pas manger leurs œufs, ou certains de leurs œufs ? De façon individuelle, ça peut être défendu. En faire un modèle, dans le monde tel qu’il est, c’est à dire profondément spéciste et capitaliste, c’est donner à l’exploitation des points pour continuer en se donnant bonne conscience.

    Si nous ne sommes pas welfaristes mais bien antispécistes, c’est parce que nous ne voulons pas d’un système de domination et d’exploitation adouci, mais son abolition. Qu’est-ce qui est extrême : lutter pour un monde plus égalitaire, ou défendre l’exploitation des un-e-s par les autres au nom de l’habitude et du plaisir ?

    Ce n’est pas la radicalité qui dessert la cause, c’est le spécisme et la force avec laquelle les dominant-e-s s’accrochent à leurs privilèges (et ceci est valable aussi pour les autres luttes sociales).

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  5. Mais tu me connais et tu sais bien que je suis plutôt du genre à remettre en cause le système tel qu’il est actuellement et à vouloir le faire évoluer. Si j’ai bien compris, véganisme veut dire abolition de l’exploitation animale, peut-être que je me trompe. Et je suis plutôt favorable à ça. Et d’autant plus que c’est un point d’ancrage pour remettre des tas de choses (du système) en cause. Simplement ce que je pense c’est que certains discours ou certaines pratiques qui peuvent sembler contradictoires, et qui malheureusement tendance à être mis en avant médiatiquement, risquent de desservir le but à atteindre. Heureusement, qu’il y a d’autres discours réfléchis et pratiques non-contradictoires, mais c’est moins visible si on ne fait pas l’effort de chercher. Et du coup mesdames et messieurs tout le monde peuvent avoir une sale image, hyper biaisée, du Véganisme. Et simplement je trouve ça dommage. (J’ai donné des exemples comme ça mais c’était pas du tout mon propos). Je crois qu’on est fondamentalement d’accord sur beaucoup de choses, c’est un peu ce que je voulais dire au début 🙂

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  6. j’ai oublié un mot… : « ont tendance à ».
    Je ne reproche rien à la manière dont milite le mouvement vegan mais à la manière dont les médias et certains acteurs vegans traitent le sujet. Qu’est-ce qui est mis en avant et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
    Ils ne mettent jamais en avant ces gens qui réfléchissent depuis des années et qui lisent, s’interrogent, débattent en interne…
    Je ne me sens pas particulièrement spéciste, et ne sais pas ce qu’est le wellfarisme, je vais me renseigner.
    J’ai donné l’exemple des poules parce que justement de mon point de vue « extérieur » (je ne fais partie du mouvement vegan au sens militant du terme) c’est quelque chose dont je n’avais jamais entendu parler d’un point de vue vegan avant cette discussion, avec des arguments intéressants. Alors peut-être que du point de vue du mouvement vegan, c’est des arguments qu’on vous ressert à longueur de journée, comme le cri de la carotte, mais la visibilité de votre argumentaire intéressant est quasi nulle si on ne creuse pas ou si on ne fait pas partie du mouvement.
    Je t’explique : y’a pas longtemps, je regarde une vidéo avec des arguments pro-veganisme (tu vois que je ne suis pas contre et que je m’y intéresse) et le type dit, concernant les œufs, que manger des œufs revient à génocider tous les poussins mâles car ils sont éliminés à la naissance, ne pouvant pas devenir de poules pondeuses. Bon, là je ne me sens pas trop concerné, parce que pour moi, déjà, un œuf ça ne s’achète pas, ça se donne, et nous on ne mange que des œufs de « poules de compagnie ». Depuis que ma mère a été obligée de se séparer des siennes ont fait appel à des amis qui en ont. Alors du coup je me dis que je vais aller voir sur L214 ce qu’ils disent à propos des ça. Et là pareil, je ne trouve aucun argument qui puisse concerner les œufs hors-commerce. Du coup moi je me pose plein de questions auxquelles je ne trouve pas de réponses. Est-ce que j’exploite mes poules si je mange leurs œufs ? Comment le vivent-elles ? Est-ce que ça peut jouer sur leur santé ? Y’a que toi qui a pu me donner de vrais arguments concernant ce cas de figure. Je sais pas, peut-être que j’ai déjà tellement fait une croix sur le système actuel que pour moi les arguments sur l’élevage intensif me semblent dépassés, même si je comprends bien qu’ils sont malheureusement parfaitement d’actualité pour la majorité des gens.
    Mais du coup c’est difficile d’avoir des argumentaires approfondis si on ne cherche pas vraiment ou si on ne fait pas partie des militants, je trouve. Ça peut être embêtant.
    Et enfin, quand tu regardes ce que le grand public pense des vegans, ben c’est pas chouette. Et pour se justifier ils citent toujours des gens qui ont des discours qui, à mon sens, vont trop loin, ou sont contradictoires, ou trop simplistes. C’est donc dommage que les contenus intéressants, bien argumentés, nuancés (pour moi ce n’est pas l’opposé de radical), et pour autant radicaux (ben voilà 🙂 ), ne soient pas mis en avant ou référencés correctement par les plateformes médiatiques.
    Je ne reproche rien au véganisme ou à l’antispécisme en soi, mais certains de leurs représentants et discours risquent de leur tirer une balle dans le pied, et je trouve ça dommage car j’y suis plutôt favorable.

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  7. Excuse-moi je me suis mal exprimé et du coup tu t’es un peu braquée : Je repproche aux médias de mettre uniquement en avant le veganisme qui fait peur aux gens. Point

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  8. Alors, pour le petit point vocabulaire :
    Le véganisme, c’est le refus de participer à l’exploitation animale. Sont donc véganes les gens qui ne consomment pas de produits animaux, que ce soit dans l’alimentation (viande, lait, œufs), pour se vêtir (cuir, laine, fourrure), ou pour les loisirs (cirques, zoos…).
    L’antispécisme, c’est la contestation du système spéciste, c’est à dire le système de pensée qui permet l’exploitation animale.
    L’animalisme, c’est un peu la même chose que l’antispécisme, mais c’est un terme qui a l’avantage de ne pas se présenter comme « anti quelque chose », et d’être construit de la même façon que féminisme, humanisme…

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  9. Ben en fait je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi pour ce qui est des médias. Je n’ai pas l’impression que les antispécistes qui y sont présenté-e-s soient des gens qui vont trop loin ou sont contradictoires dans leurs discours. Par contre, il arrive fréquemment que la façon dont on les présente déforme leur discours. Et surtout, les médias donnent beaucoup beaucoup beaucoup plus la parole aux welfaristes qu’aux antispécistes.
    Le welfarisme, c’est un mouvement qui considère qu’exploiter les animaux n’est pas le problème, du moment qu’on améliore leurs conditions de vie et de mise à mort.

    Quant au grand public et ce qu’il pense du véganisme et de l’antispécisme, c’est quelque chose que toutes les luttes sociales ont connu. Les suffragettes par exemple ont longtemps été présentées et vues comme des hystériques cinglées et dangereuses. Quand ces gens-là citent des discours contradictoires, simplistes ou qui vont trop loin, très souvent ce sont en réalité des discours tronqués ou déformés. Il y a, bien sûr, des propos problématiques voire des affirmations carrément fausses dans le mouvement animaliste, mais je n’ai pas l’impression que leur mise en avant soit si courante.

    Tiphaine Lagarde (la co-présidente de 269 Libération Animale), par exemple, est passée plusieurs fois dans des médias. Son discours est très radical, de même que les actions directes menées par l’association et ses allié-e-s. Néanmoins, des médias lui ont donné l’occasion de s’exprimer (peut-être qu’ils et elles pensaient qu’elle était tellement radicale que personne ne suivrait… mais c’est raté ! Il y a même des membres des équipes de télévision qui sont alors entré-e-s dans l’asso).

    Pour ce qui est d’être ou ne pas être spéciste, comme pour le racisme, ou le sexisme, dans une société spéciste, on est tou-te-s plus ou moins spécistes. Et j’avoue que quelqu’un qui affirme ne pas être spéciste tout en ne faisant pas l’effort de cesser, au minimum, de manger de la viande, ça me fait plus que bizarre. À partir du moment où on considère que les autres animaux ont autant de valeur et de droit à la vie que les humain-e-s, continuer à les manger, et donc à participer activement à leur mise à mort, en gros c’est un peu comme si un homme affirmait être féministe tout en continuant à harceler sexuellement les femmes (mais comme il est favorable à la fin du sexisme, alors il est féministe ?).

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